Avertissement : Cet article est humoristique. J’ai une mezouza à la maison, je suis fan de Jean Michel Cohen. J’adore les homosexuels, et je suis très respectueux de la mission sainte de l’ARCOM.
État des lieux
Si vous êtes ici, à lire mes conneries, vous êtes sûrement un développeur, peut-être un graphiste, ou alors juste perdu sur Internet.
Dans tous les cas, asseyez-vous confortablement, car aujourd’hui, on se pose une question essentielle : pour qui travaillons-nous ? Est-ce pour l’utilisateur final ? Pour notre patron ? Pour nous-mêmes ? Ou alors pour l’avenir de l’humanité entière ?
Voici quelques pistes pour vous aider à comprendre votre position dans ce métier, et ainsi fournir un travail de qualité dans cette époque dégueulasse qu’est l’ère moderne.
La conception centrée utilisateur
Pendant mes trop longues années d’études, j’ai eu la chance inestimable d’être matraqué au moins une fois par semaine sur le concept frauduleux de la conception centrée utilisateur.
Que ce soit pour la création d’un site web, d’une application mobile ou d’un logiciel professionnel, il faut que l’application soit conçue entièrement pour les utilisateurs. Du design au user flow, tout doit être pensé, optimisé et sculpté pour ceux qui vont consommer le produit final.
Réfléchir longuement, prendre des décisions à rallonge, passer des heures en réunions inutiles… Tout ça pour maximiser la rétention et, in fine, générer +0,045 % de croissance sur les cinq prochaines années. Un bel exemple de vie de merde.
Vous connaissez ce ton sarcastique qui est le mien : vous vous doutez bien que je ne recommande pas cette façon de faire. Du moins, pas entièrement.
À force de faire des choix uniquement pour attirer le prospect, on oublie les valeurs intrinsèques de notre métier : l’originalité, le beau et la créativité.
C’est comme votre comportement avec les femmes. Vous faites tout pour plaire, mais finalement elles partiront avec le giga chad qui a de la personnalité. Et vous finissez par porter seul le poids de votre travail bâclé, merdique et inintéressant.
Ne faites pas l’erreur du débutant. Je ne dis pas que réduire la friction entre l’usage et l’utilisateur est foncièrement mauvais. Je dis qu’aujourd’hui, en cherchant à obtenir le rendu le plus parfait possible selon des métriques, on obtient un résultat plat et vide de sens.

Le summum du web selon Pierrick, directeur marketing chez Chômeurs&Co.
En voulant plaire à tout le monde, vous ne plaisez à personne. La beauté dans ce monde se caractérise par l’âme de l’artisan qui transpire de son œuvre.
On arrive à un point où des interfaces conçues par des humains sont pires que celles générées par une intelligence artificielle. Non pas parce que les IA progressent vite, mais surtout parce que les humains ont décidé d’arrêter d’évoluer vers le beau.
Travailler pour soi-même
Et oui, votre égocentrique préféré est de retour ! Vous n’avez pas besoin de penser vainement aux autres. Faites fi de la charité chrétienne : de toute façon, les athées ne comprendront jamais pourquoi votre produit final est le meilleur au monde !
Évidemment, il y a des arguments pour et contre cette façon de concevoir. D’un côté, on serait tenté de penser : « Si le résultat me plaît, les autres vont forcément kiffer ! Après tout, je connais mon projet mieux que quiconque. J’en ai saisi tous les tenants et aboutissants, donc moi seul peux évaluer correctement la qualité du résultat produit ! »
Cette vision n’est pas mauvaise en soi, mais elle exige un critère fondamental : l’élévation de ses propres standards. Feriez-vous confiance à un zazou qui fait tourner 140 instances de Claude en pensant être productif, alors qu’il a généré tellement de bugs qu’il devrait songer à se reconvertir en entomologiste ? Moi non.
Évidemment, je ne peux que vous encourager à croire en votre instinct. Faites-vous confiance, votre travail paiera. Votre travail, pas la moyenne approximative de la poubelle qu’est Internet.
Un cas spécifique : le commanditaire
Le commanditaire d’un projet, ça peut être votre patron, le client avec qui vous avez signé, ou votre pote qui vous demande un site pour son super concept qui coulera deux semaines plus tard.
Certains projets vous ennuieront, parce que votre avis n’est pas écouté, qu’il n’y a aucun enjeu majeur, ou encore que le tout est vide de sens et d’utilité. Dans ce cas-là, vous avez deux options :
- Le refus : vous avez le droit de choisir ce que vous faites de votre vie. Souhaitez-vous rester misérablement dans votre confort illusoire par peur du changement ? Ou préférez-vous prendre vos responsabilités et arrêter d’être spectateur de votre propre vie ?
- Le mode “automatique” : écouter bêtement ce que dit le commanditaire. Oui, le produit final sera peut-être moins bon, mais mieux vaut parfois laisser couler et éviter des débats stériles avec des péons qui ne comprennent rien. Si on refuse de vous écouter, dites-vous simplement que ces badauds ne méritent pas vos mots.
Ces deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients. Le mode automatique vous forge des capacités d’adaptation en milieu hostile dignes de nos ancêtres préhistoriques à l’époque des dinosaures. Cependant, refuser les projets médiocres vous permet de connaître votre valeur : vous n’acceptez pas tout au hasard parce que vous êtes un crevard en manque d’argent, vous définissez vos standards.
Vos pensées, vos actions et votre parole sont créatrices et bénéfiques pour l’humanité. Gardez bien ça en tête.
Coder pour l’avenir de l’humanité
Le voilà : le développeur ultime. 7 % de bodyfat, testostérone au max, vision long terme pas encore bousillée par TikTok. Vous essayez tant bien que mal de produire un résultat de qualité qui traversera les époques.
Comment ça, aucun logiciel n’est éternel ? Regardez le langage C. Même si des alternatives d’exception existent désormais, comme Odin, notre vieux compère est toujours bien vivant.
Mon avis personnel carrément pas prévisible
C’est vraiment super tout ça, mais environ 98 % des développeurs ont complètement zappé la véritable cible de leur code : le hardware.
Tu codes pour ton ordinateur, ton téléphone, ta console de jeux, ta montre connectée, etc. Tu auras beau avoir fait 200 études de marché, si tu ne prends pas en compte ta machine et que ton travail abuse de bibliothèques génériques, mal optimisées et bourrées de bugs, ton projet devriendra aussi mauvais que tout ce que sort Microsoft depuis des années.
Notre métier consiste à résoudre des problèmes. Microsoft Word existe parce qu’il fallait faire du traitement de texte. Les débuggueurs existent pour débusquer les bugs de nos programmes. Snapchat existe pour abrutir la population. Nous cherchons des solutions à des problèmes. Ne pas prendre en compte l’appareil sur lequel votre code sera exécuté ne fera que vous ralentir, causer des dysfonctionnements, voire vous empêcher d’atteindre votre but.
Conclusion
Alors, au final, pour qui travaillons-nous ? La conclusion est banale à en crever : ça dépend. En tant que développeurs, nous travaillons plusieurs mois sur un projet qui sera utilisé (si l’équipe marketing fait son travail correctement) par des utilisateurs. Nous sommes donc forcés de penser aux autres pendant notre travail !
Mais nous travaillons aussi pour satisfaire notre client. C’est lui qui paie, c’est lui qui nous recommandera à d’autres clients potentiels. Vous devez donc faire des compromis.
Forcément, il vous arrivera de bosser sur des projets qui ne vous plaisent pas. Il vous arrivera de ne pas être écouté pendant la phase de développement et d’avoir tristement raison deux mois plus tard, quand le site tombera en panne en production à cause d’un bug prévisible.
Mais vous devez continuer de bosser, sinon qui paiera votre Whey Native Isolate 94 % de chez Raptor Nutrition ?
La constante que j’ai faite transparaître dans cet article reste l’élévation de ses standards. Imposez-vous un niveau de qualité supérieur aux autres, soyez meilleur, progressez chaque jour, même si ce n’est qu’un tout petit peu. Ne stagnez pas. Peu importe pour qui vous bossez, vous aurez constamment intérêt à progresser. Investir sur soi-même est la seule option digne de ce nom, car vos résultats dépendent uniquement de vous.
Croyez en vous, bordel.
Merci d'avoir lu jusqu'ici ! Si vous êtes fan de moi, vous pouvez consulter mes autres articles.